GRAND CORPS MALADE

Nous avons eu quinze minutes avec Grand Corps Malade.

Il sort son «  Plan B » et repart dès le 27 janvier en tournée.

 Blonde pour Brune s’est faufilée pour quelques minutes, dans les coulisses d’une de ses répétitions.

 

Neuf heures vendredi matin, Brune, Blonde, et Blond nous y voilà… 

 

Nous choisissons nos questions, quand on a peu de temps avec un poète des temps modernes, que pouvons-nous poser ?

Excitation, rires, subtilité… L’heure tourne, à midi nous devons être prêts !

Dring téléphone « Si vous arrivez un peu avant, nous commencerons l’interview »

Nous nous activons dans le métro, Blonde presse le pas, Brune et Blond accélèrent avec elle.

Accueil dans le studio, « Venez, il vous attend. »

Nous poussons timidement la porte, il faut le dire, un peu intimidées…

« Coucouu… Nous sommes Blonde pour Brune »

L’ambiance musicale est déjà installée, Grand Corps Malade cool, simple et décontracté.

Il nous met à l’aise et nous invite à s’asseoir le rejoindre.

L’empreinte grave de sa voix, est bien celle que l’on connaît. 

« On est en studio, on reste ici dans l’atmosphère musicale ça ne vous embête pas ? »

Il est assis dans un canapé noir matelassé, avec son guitariste, lumière tamisée, des sons étranges sortent d’un clavier.

L’interview peut commencer.

Bien installées, Brune d’un côté, Blonde de l’autre, enchantées d’enfin le rencontrer, nous débutons.

 

*

 

C’était Comme une évidence de t’interroger sur ton Plan B.

Nous on s’appelle Blonde pour Brune alias BPB.

On te remercie par avance de ces 15 minutes que tu vas nous accorder et pour ce 

message qu’à nous public tu as donné : de nos épreuves, réussir à transformer nos 

maux en forces insoupçonnées.

Toi ta force, ce sont ces mots qui t’ont guéri, tu nous en as donné la preuve.

 

On t’explique rapidement qui nous sommes : Deux soeurs une blonde, une brune,

Ça fait blonde pour brune.

Sur une blague l’an dernier nous avons décidé de dédier 

une plateforme, pour raconter des histoires et mettre en avant des talents confirmés 

ou à révéler, lire, rire, rêver sur des sujets de nos coeurs passionnés.

On a 15 questions pour 15 minutes avec toi : Compte à rebours - Brune tu mets le chrono ?

 

BRUNE - Entre-nous là maintenant, on t’appelle Fabien, Grand corps malade ou GCM ?

 

Oh, Fabien, on est entre nous.

 

BLONDE - Et si ce n’est pas « entre-nous », c’est Grand Corps Malade ?

 

Oui, pour situer le nom d’artiste. Après dans les discussions, ça reste Fabien, y a pas de soucis.

 

- Est ce qu’aujourd'hui tu pourrais ou aimerais changer de nom de scène ?

 

Non, non… C’est mon nom d’artiste. 

Ce nom là est né la première fois que j’ai fait de la scène dans un petit bar, c’est mon nom d’artiste, je n’ai pas de raison d’en changer.

 

BRUNE - Ton nouvel album : c'est quoi le Plan B ?

Le Plan B c’est l’idée que dans la vie tout ne se passe jamais comme on l’avait prévu. La vie est une succession de Plan B. Mais dans ce Plan B, il n’y a rien de péjoratif. Il y a de très beaux plan B. La preuve, c’est que toute cette aventure de la musique et même du cinema, de la tournée, ça ne faisait pas partie du Plan A à la base. C’est la preuve qu’il y a de très beaux plans B.

 

Et le film c’était un plan C ?

Un plan D, un plan C… tout ça c’était pas prévu. Ma vie artistique est née de ce plan A qui n’a pas marché, qui a été interrompu. L’homme a une capacité d’adaptation importante. Le parcours est fait de virages, c’est à nous de bien les prendre. Il y a toujours quelque chose à faire après.

 

BLONDE - Quand tu écris, c’est écriture de jour ou écriture de nuit ?

 

Il n’y a aucune règle. Cela peut être de jour, de nuit, dans un train, au milieu de la foule, dans un café, il n’y a pas de règles. Pas de procédures particulières !

 

BRUNE - Est-ce que tu sais chanter ou c'est un secret caché ? Nous avons trouvé que tu avais une voix de « basse profonde » ?

 

« Rires… »
Justement, sur le nouvel album et pour la nouvelle tournée il y aura deux chansons. Cette idée est née sur scène. Et j’aime quand cela né sur scène, c’est quelque chose de naturel. Ce n’est pas une idée de studio pour me dire : allez je vais me mettre à chanter. Sur la tournée précédente je reprenais une chanson de Renaud, je slamais au début puis commençais à chanter sur le troisième couplet. Avec Feed on chantait le refrain sur « Inch Allah » qui est un morceau assez festif. Je vais faire une tournée et un album à ma manière mais avec des parties plus chantées !

 

BLONDE - Les mots sont le résultat des maux X alors lesquels t’inspirent ?

 

Les mots, ce n’est pas forcément le résultat des maux. Cela peut aussi être quelque chose de très gai. Il n’y a pas que les maux qui engendrent les mots. Tout engendre des mots, même les choses très positives. Les choses qui m’inspirent, c’est le partage. Là par exemple, on est en studio, c’est quelque chose de collectif, on est pas tout seul entre musiciens…

 

* C’est alors que des  bruits étranges et psychédéliques sortent du clavier du pianiste - Rires, je vous rassure ce ne sera pas ça pour le concert, ce sera un peu plus mélodieux ! *

 

BRUNE - La salle que tu n’as pas encore faite et que tu aimerais faire ?

 

J’ai la chance d’avoir fait beaucoup de belles salles à Paris, l’Olympia plusieurs fois, le Théâtre du Châtelet, le Palais des Congrès. Il y a une salle que nous n’avons pas encore fait et que je suis heureux de faire c’est la Salle Pleyel en décembre 2018, en deuxième partie de tournée.

J’aime varier les plaisirs avec les Festivals en plein air.

 

BLONDE - C’est quoi la question à laquelle tu ne répondras jamais ?

 

Peut-être celle-là ! Je n’ai pas de sujets tabous ou à éviter.

 

BRUNE - Est-ce qu’aujourd’hui quand tu crées tu es heureux ?

 

Oui, j’ai besoin de ça. Quand on est sur la tournée des médias, pour le film par exemple nous avons fait beaucoup de promos, ou l’on parle toujours de la même chose, je sentais que j’avais besoin de création et de me remettre à écrire. C’est quelque chose qui me manque quand cela fait un moment que je ne le fais pas. 

BLONDE - Est ce que lorsque tu es dans ta période de création ton entourage arrive à te supporter ?

 

Mais oui ! Je ne suis pas du tout chiant ! Je suis pas du genre aaaah laissez-moi tranquille ! Puis je suis toujours en période de création, même en tournée, dès que j’ai un petit moment, dans le train ou à l’hôtel. Même si ce sont des petits moments de créations, cela ne fait pas de moi quelqu’un d’insupportable :)

 

BRUNE - Ton inspiration un peu orientale du Plan B, où est-ce que tu l’as pêché ?

 

Sûrement dans mon enfance et mon adolescence. J’ai grandi au contact de pleins de cultures différentes et c’est une vraie chance, une vraie richesse. J’avais beaucoup de pote kabyles, je viens de Saint-Denis. C’est vrai que j’ai écouté beaucoup de musiques d’influences différentes. Ce n’est pas aussi dû qu’à moi mais à Angelo Folay qui a réalisé musicalement cet album. Il y a beaucoup de couleurs chaudes, soleil, même un peu salsa, bossa, des instants gipsy et deux trois airs orientaux.

 

BLONDE -  C’est quoi pour toi l’invisible ?

Silence…

C’est ce que l’on entend peut-être...

 

* Et là, l’instant en suspend, Blonde pour Brune est totalement séduite par sa réponse. «  Beeeelle réponse… » Reprenons…*

 

BRUNE -  Dans le futur ; tu seras plutôt devant ou derrière la caméra ?

Plutôt derrière. On écrit un nouveau projet de film… je reste derrière.

 

BLONDE - Ton plus grand souvenir de ta plus forte émotion sur scène ?

 

C’est dur… C’est dur… comme question ! Il y en a eu tellement...

Mais je me souviens d’un concert à Kinshasa qui était un moment incroyable. Déjà car tu es très très loin de chez toi. L’Afrique c’est dépaysant mais la République du Congo encore plus que le Mali ou le Sénégal. On est dans un univers très différent de ce qu’on connaît, et tout d’un coup tu as une foule qui connaît tes textes… C’est très étrange comme sensation. Je l’avais eu aussi lors d’un concert au Québec. D’être si loin de Paris, de la France, et de ce que tu connais… Mais Kinsasha… Il y avait une ambiance de fête si incroyable… C’est un très beau souvenir.

BRUNE - Tu préfères les Blondes ou les Brunes ?

 

Vous êtes dur les filles…

 

Blond prenant les photos « Il n’ y a pas de joker »

Tout doucement et presque timidement : Je préfère les Brunes… Vous voulez des réponses les filles désolé...

 

BLONDE - Si tu avais un conseil à nous donner,  on démarre notre projet, cela fait un an ; c’est parti sur une blague qu’on a prise au bond…

 

Déjà c’est un bon début quand cela part sur une blague, une connerie.

Grand Corps Malade, c’est parti sur une connerie ! Le fait de faire du slam c’était presque un gage… J’ai accompagné un pote qui avait fait un pari et son gage c’était de faire du slam. C’est comme ça que je me suis retrouvé sur une scène Slam. Donc tous les débuts un peu chelou, c’est plutôt bon signe ! Déjà c’est bien, continuez, amusez-vous, si vous avez envie de le faire faites-le, de manière presque non professionnel, c’est la meilleure manière que cela devienne un beau projet professionnel… Faites le comme si c’était un jeu, amusez-vous !

*

 

Nous repartons tous les trois dans le métro, le coeur rempli, d’avoir échangé ses mots avec cette grande personnalité… Grand Corps Malade nous a confirmé l’envie encore plus pressante de continuer à vous donner de la joie avec notre " B(p)B ". 

 

Blonde pour Brune, enchantée !

A Paris, le 15 Mars 2017