QUAND LA MONTAGNE PARLE AUX BLONDES...

Sept jours.

Sept jours, c'est long…

…quand on est habituée et amoureuse de la mer.

Terriblement amoureuse du bleu de la mer.

L'air salé. Vital. Viscéral.

" Tu ne t'appelles pas Marine pour rien " me confirme ma mère.

Blonde à la Montagne en plein été… Qui l’eût cru ? Certainement pas moi.

Alors, quand ce matin-là je me réveille entourée de montagnes à 1800 mètres d'altitude... autant dire que la nausée se fait sentir.

Tout est vert, rocailleux.

Je suis brassée. Remuée de l'intérieur.

Des peurs incohérentes semblent se réveiller… et me sortent de ma zone de confort, m’obligeant à me dépasser.

 

Une première marche :

 

" Des bâtons pour marcher ? " lançais-je perplexe.

" Oui, tu en auras besoin pour monter "

 

Premier point, à quelques mètres plus haut d’altitude.

La Montagne oppresse ma poitrine.

Je cherche des points d’eaux à chaque recoin.

« On continue ? Même sans eau, ou nourriture, ce qu’on travaille ici… c’est le mental. »

 

Oui, oui bien sûr…

« Oh, ce n’est pas ce qui m’effraie et j’aime le challenge. Allons-y. Mais le temps se couvre dirait-on ? »

« Non, les nuages passeront de l’autre côté. Je connais la Montagne. »

 

Je suis perplexe. Je pressens plutôt l’orage… La Montagne m’agace.

Une symphonie effrayante de Liszt pour nous accompagner et nous nous apprêtons enfin à repartir pour la descente.

 

Les nuages deviennent de plus en plus lourd et sombres sur le haut de la montagne.

Nous rigolons de cette situation… mais plus pour longtemps.

 

Une première petite averse nous tombe sur la tête.

 

Quand au loin en courant, un ange blond apparaît.

Le jeune garçon, anglais, a fait la montée en courant et exécute sa descente bien rapidement.

Il pense que l’orage vient de notre côté et aucun refuge en vu.

 

Dans quoi me suis-je donc embarquée…

 

Nous pressons le pas avec lui.

Quand c’est autour des grêlons de nous tomber dessus.

 

Nous nous mettons à courir. Les éclairs avancent vers nous. Ils ne sont plus très loin.

Vite, il faut nous abriter.

 

Nous n’avons rien pour nous protéger si ce n’est notre corps pour… avancer. Encore et toujours.

La température chute.

De 26 à 9 degrès.

 

Mes cuisses deviennent rouges du choc thermique.

Je m’essouffle. La grêle tombe dans mes yeux et je peine à voir à travers l’épais brouillard.

 

Vite. Le refuge est enfin là. Nous nous retrouvons tous les trois avec un jeune couple. Nous attendons le calme puis repartons tous les cinqs pour ne pas refroidir nos corps.

Ce jour-là, la Reine des Neiges m’a baptisé. Voulait-elle m’initier ?

 

Mais finalement, une semaine après l’avoir apprivoisé, elle était exactement ce qu'il me fallait.

Une porte ouverte sur le Mont des Anges…

 

D’ailleurs, ce soir je me rend compte que de notre fenêtre,

ce que je prend pour une porte ouverte sur la Montagne n’était qu’une belle illusion.

 

L’éclairage que je prenais pour une porte n’était rien d’autre qu’un lampadaire…

Tout n’est qu’une question de regard.

Il est probable que la Montagne me rappelle sur son Mont des Anges.

Blonde

BLONDE