EST-CE PARCE QUE L'ON FAIT UN FAUX PAS LORSQUE LA DANSE EST RATÉE ?

Ou bien… ce n’est pas parce qu’il y a une fausse note que le morceau n’est pas beau.

On pourrait décliner cette inspiration subite de ma Brune à l’infini.

Et lui apporter quelques nuances.

(Je me demande si je ne commence pas à déteindre un peu sur elle avec mes métaphores...)

Ce soir-là, je réfléchis. Sa phrase résonne particulièrement en moi.

Sur des faux-pas que j’ai pu faire, sur d’autres que j’ai pu recevoir… avec les partenaires de danse que l’on rencontre dans la vie.

 

Brune voulait trouver les bons mots, la bonne image, pour faire réagir XY.

Le réconforter, le rassurer, lui dire que tout n’est pas raté… qu’il est toujours tant de se rattraper…

Elle a raison. Quand nous faisons des erreurs, nous pouvons toujours rectifier le tir.

Travailler dessus comme une chorégraphie ou une partition qu’on peaufine avec le temps.

Ajouter un nouveau pas à la danse, décider d’en enlever un pour que le spectacle de la vie reprenne sa fluidité.

Jusque là, j’étais plutôt d’accord avec ma Brune.

Mais en tant que Blonde, je me dis aussi…

On peut toujours récupérer la cuisson d’une viande saignante, mais quand elle est trop cuite… ben elle est trop cuite.

 

Et si je mets trop de sel ou trop de piment sur un magnifique plat… pas sûr de rattraper le coup. C’est raté.

Alors, quand XY fait un énième faux-pas, je pense aux paroles de Brune. La métaphore de la danse est pourtant belle. Pleine de poésie comme j’aime.

Je prends sur moi, je me dis qu’elle a raison.

Laissons-le(la) se rattraper, il a le droit de répéter sa chorégraphie…

Mais quand vient l’heure du spectacle : il faut être prêt.

Le faux-pas qui pourrait blesser une fois de plus mes partenaires de danse n’est plus envisageable : pour moi-même.

J’observe le danseur. Depuis de longues années. Dois-je rester patiente, entrer sur scène avec lui sentant sa fébrilité ?

Mais c’est alors que mon propre corps s’arrête de danser avec XY, comme un avertissement…

 

" Non, cette fois c’est de trop, tu ne peux rattraper… le cou ".

Oui, mon corps s’est mis à me parler. S’en était trop de ce faux-pas de danse.

 

Il me dit : " Il faut créer une nouvelle chorégraphie pour te protéger.

A force d’acharnement, les muscles se crispent et se fatiguent…

Obeserve XY, mais change tes pas. Il pourrait te faire tomber.

Joue ta partition, joue ta propre danse. "

Tout ça ne sont-ils que des images ?

Aujourd’hui j’ai mal au cou. Mon corps a toujours raison.

Tant pis pour la danse d’XY.

L’envie de créer une nouvelle chorégraphie.

Apprendre à le laisser répéter seul, face à ses choix.

Il peut toujours m’offrir le spectacle, ou abandonner sa danse.

En attendant, mon corps se détends. Je l’écoute

Et je danse. Pour moi.

Merci ma Brune pour tes images mais…

Il y a des personnes avec qui l’on danse,

on ne tombera jamais.

la danse ne sera jamais ratée,

Ce sont les danses du cœur…

BLONDE… pour Brune

A Paris, le 27 Juin 2017